OBS – Les filières hexagonales sont encore balbutiantes.

Les filières hexagonales sont encore balbutiantes. Et pourtant !…

 

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L’OBS revient sur le colloque de l’écomusée de Marquèze, entre les professionnels de la filière bois et les forestiers. La scierie Labadie est mises en avant, notamment pour sa politique de durabilité envers le pin maritime.

Le 23 janvier dernier, à moins de 20 heures de l’ « anniversaire » de ce qui bouleversa les populations et les paysages du massif forestier des Landes de Gascogne, le passage de la tempête Klaus dans la nuit et en début de matinée du 24 janvier 2009, un colloque s’est tenu au Pavillon de la Grande Lande de l’écomusée de Marquèze du Parc naturel régional des Landes de Gascogne. Les forestiers et la filière bois mais aussi l’Administration ont pu faire un nouveau point d’étape sur l’état du massif forestier sept ans après la catastrophe [pour mémoire, la tempête Martin de décembre 1999 avait abattu 102 600 ha de forêt de pin maritime à plus de 40% plutôt sur la Gironde et la Double charentaise ainsi que sur le nord du département des Landes ; Klaus a battu au même taux de 40% et plus 223 000 ha de forêt en sud-Gironde, landes de Ténarèze et département des Landes], et pour commencer, à la date du 31 décembre 2015, sur le nettoyage, réalisé à 85 %, et le reboisement entrepris à 56 %.

Le massif reste sous tension (conséquences et risques tempêtes, problèmes phytosanitaires, réalisation d’infrastructures et urbanisation) : lorsque le Parc naturel régional a été créé il y a près d’un demi-siècle, le massif landais s’était dépeuplé [abandon du gemmage, désindustrialisation (métallurgie, production thermique d’électricité à partir du lignite, tuileries…), développement des villages et villes côtières…]. Aujourd’hui on constate globalement une croissance démographique de 60 % en quarante ans [elle n’est que de 27 % sur l’ensemble de la région Aquitaine et de 24 % en France dans le même temps. Le nord-ouest du territoire du Parc est plus particulièrement affecté par le déport de populations urbaines de l’agglomération bordelaise (elle-même en forte croissance démographique par étalement périphérique) vers la forêt et vers le Bassin d’Arcachon. Vu d’avion : lotissements et tendance à la conurbation Bordeaux – Bassin.

La question est donc posée non plus de la pénétration de la forêt mais de l’insertion de cette dernière sur le territoire du « triangle des sables » (ou « triangle landais »).

Et… quelle forêt ? D’où des exposés de prospective et une table ronde sur les technologies de surveillance et évaluations (photos aériennes, par exemple 384 000 ha survolés moins d’un mois après Klaus, mais 640 000 ha pour cartographier les dégâts dus aux scolytes, échos laser et capteurs GNSS d’extension de la réception type GPS à tous les satellites civils faisant de l’observation terrestre, drones…).

Mais l’intervention qui m’a le plus marqué (sachant qu’un an auparavant, dans les mêmes locaux, nous avions déjà abordé une partie des thèmes dévelppés là) est celle d’un entrepreneur landais passé de l’activité exclusive « sciages » à la combinaison scierie et construction. Quarante emplois : ce n’est pas rien !… Travail avec la technique du pin abouté (aboutage bois sec) autorisant jusqu’à treize mètres de long, ainsi que la technique du lamellé-collé (dont il sera question dans la vidéo qui suit).

L’entrepreneur, qui plaide évidemment pour le bois d’œuvre, demande, « supplie » même qu’on sache conduire et livrer des arbres jusqu’à quarante et même cinquante ans[*]. Il travaille avec le pin maritime, mais aussi avec de l’épicéa et du Douglas. Et il garantit que le pin maritime est le plus apte a subir les traitements autoclaves et donc à entrer de plain-pied dans la construction en bois, de la maison particulière aux locaux commerciaux et aux immeubles d’habitation.

Non seulement le bois est un puits de carbone, mais construire régional avec du bois local, c’est réduire au maximum les coûts carbone liés au transport des matériaux…